Trump peut-il utiliser la technologie pour décupler les expulsions : une menace inédite pour l’immigration ?

Dans un climat politique exacerbé, l’administration Trump explore aujourd’hui les possibilités offertes par la technologie pour augmenter de manière exponentielle les expulsions de migrants. Cette stratégie soulève des préoccupations majeures quant à ses impacts sur l’immigration. Voyons comment ces nouveaux outils technologiques pourraient constituer une menace inédite pour les populations concernées.

La promesse de déportation massive
Donald Trump a souvent évoqué son ambition de déporter des millions d’immigrants illégaux vivant aux États-Unis. Cette promesse, bien que controversée et apparemment irréalisable pour beaucoup, pourrait devenir une réalité inquiétante grâce à l’utilisation croissante de la technologie et de la surveillance.
La technologie au service de la surveillance

Les forces de l’ordre et les agences telles que l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) disposent désormais d’outils technologiques avancés pour suivre et localiser les immigrants. Les reconnaissances faciales, les lecteurs de plaques d’immatriculation et les algorithmes avancés sont utilisés pour créer des profils détaillés des immigrants et surveiller leurs mouvements.
Par exemple, des données apparemment anodines comme les enregistrements des voitures et les factures d’utilités peuvent désormais être exploitées pour localiser les individus. Cela a déjà été le cas pour Maru Mora-Villalpando, une activiste pour les droits des immigrants, qui a reçu une notification de déportation malgré ses efforts pour cacher son adresse.
L’Intelligence Artificielle : un outil de sélection

Les algorithmes d’IA (Intelligence Artificielle) jouent un rôle crucial dans ces processus. Ils peuvent décider si un immigrant doit porter un bracelet électronique ou même rejeter automatiquement des demandes d’asile en bloc. Des campagnes de défense des droits des immigrants craignent que cela puisse mener à la création de listes cibles pour des déportations massives.
Le Département de la Sécurité Intérieure (DHS) a précisé dans une note de 2023 qu’il n’utiliserait pas l’IA pour une surveillance massive et indiscriminée. Cependant, avec Trump en tête des sondages, beaucoup d’organisations s’inquiètent des abus potentiels liés à cette technologie.
Des dépenses colossales pour la surveillance
Les autorités d’immigration des États-Unis investissent massivement dans des outils de surveillance et de collecte de données. Entre 2008 et 2021, l’ICE aurait dépensé environ 2,8 milliards de dollars pour de telles initiatives. Ces ressources permettent de localiser et surveiller une majorité d’adultes en utilisant des bases de données vastes et diverses.
Un rapport de l’Université de Georgetown a révélé que l’ICE avait accès aux permis de conduire de trois personnes sur quatre et utilisait déjà la reconnaissance faciale pour fouiller environ un tiers de cette base de données.
La crainte d’un second mandat de Trump
L’idée d’un second mandat de Trump exacerbe les craintes au sein des communautés d’immigrants. Des activistes comme Julie Mao, avocate à Just Futures Law, indiquent que le réseau de courtiers en données et les outils de surveillance déjà en place pourraient être exploités de manière agressive pour déporter des millions de personnes.
Les groupes de défense se préparent déjà à une potentielle vague de déportations, comprenant des mesures comme l’instruction des enfants pour le cas où leurs parents seraient arrêtés.
Faire face à la technologie : une coalition contre ICE
Pour contrer ces dangers, des groupes pro-immigration ont formé la coalition « No Tech for ICE ». Ce mouvement vise à réduire les partenariats entre les entreprises technologiques et les agences d’immigration, dénonçant l’automatisation des décisions de déportation et la collecte massive de données sans mandat.
Ensemble, ils continuent de lutter pour limiter la portée et l’utilisation de ces technologies, soulevant des questions fondamentales sur les droits à la vie privée et l’éthique dans l’application des lois d’immigration.
En somme, l’ère technologique présente des défis sans précédent pour les droits des immigrants aux États-Unis sous une éventuelle administration Trump. Il est crucial de continuer à examiner et à débattre des implications éthiques et sociales de l’usage extensif de ces technologies dans les politiques d’immigration.


